La LPO Anjou protège l’un des derniers bastions europées de l’Outarde canepetière, et le fragile cortège des oiseaux du milieu agricole
Un milieu singulier aux confins du Sud Saumurois
La Zone de Protection Spéciale de la Champagne de Méron s’étend sur 1 700 hectares de plaine agricole, à cheval sur les départements du Maine-et-Loire, de la Vienne et des Deux-Sèvres.
Le caractère exceptionnel du site lui vient de son milieu unique en Pays de la Loire. Fruit d’un climat et d’une géologie atypique, il compte parmi les secteurs les plus secs de la région, avec un sol calcaire pauvre et caillouteux, laissant s’exprimer une rare flore steppique et toute la biodiversité associée.
Aujourd’hui le site est constitué d’une mosaïque de cultures et de prairies naturelles extensives, ponctuée de zones buissonnantes épineuses et de quelques éléments arborés épars. Ces milieux constituent l’habitat indispensable à l’alimentation et à la reproduction d’une multitude d’espèces, en particulier les oiseaux.
L’Outarde canepetière et la biodiversité des plaines agricoles
La Champagne de Méron accueille la dernière population d’outardes canepetières des Pays de la Loire. Espèce emblématique des milieux agricoles, elle est classée en danger critique d’extinction suite à la perte de plus de 90% de ses effectifs depuis les années 70. Aujourd’hui, la population Centre-Ouest ne compte plus que 300 mâles dont 20 sont à Méron. L’espèce fait l’objet d’un Plan National d’Action dont la LPO Anjou assure la déclinaison régionale.
Au-delà de sa propre conservation, l’Outarde fait office d’espèce parapluie pour tout le cortège de l’avifaune de plaine, l’un des plus menacés d’Europe avec une diminution de 70% en 50 ans. Ainsi la zone Natura 2000 est un refuge pour environ 130 espèces d’oiseaux, dont 25 sont ciblées à l’Annexe 1 de la Directive Européenne. Parmi elles on observe notamment les Busards cendré, des roseaux et Saint-Martin, l’Œdicnème criard, la Pie-grièche écorcheur, l’Elanion blanc, le Hibou des marais ou en encore la Gorge-bleue à miroir.
Enfin le site présente également une richesse remarquable en termes de botanique et d’entomologie. On y trouve encore des espèces à enjeu national et régional, très rares et menacées, comme la Nigelle des champs, le Miroir de Venus, le Mercure ou le Dectique verrucivore.
Naturalistes et agriculteurs en action
La LPO Anjou est partenaire du Parc Naturel Régional Loire-Anjou-Touraine, structure animatrice du site. Elle réalise les suivis scientifiques et met en œuvre les actions de veille sur les projets perturbants, de conservation des habitats et de sensibilisation.
Sur la zone de la Champagne de Méron, les agriculteurs sont les premiers acteurs de la conservation de la biodiversité. Près de quarante exploitations sont engagées dans des Mesures Agro-Environnementales et Climatiques pour reconstituer des prairies entretenues hors période de reproduction pour l’avifaune sensible. A ce jour, plus de 400 hectares sont en contrat, permettant d’atteindre 30 % d’habitat favorable sur le secteur.
Le lien étroit avec le monde agricole permet d’aller au-delà de ces mesures en accompagnant toutes les démarches vertueuses (adaptation des pratiques, protections des nichées, réintégration des cultures favorables, pâturage extensif, etc.).
Attention : la Champagne de Méron est un site sensible et déjà très fréquenté. Pour visiter en limitant le dérangement, merci de consulter la fiche dédiée.
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Dernière mise à jour : décembre 2025
