À la recherche de la Noctule commune

Dans le cadre du Plan National d’Actions pour la Noctule commune, une espèce de chauve-souris en déclin dans notre département, un week-end de prospection a eu lieu du 7 au 9 juin dans le Choletais. Une trentaine de bénévoles se sont rejoint dans l’agglomération de Cholet dès le vendredi après-midi afin de commencer les recherches. Logés sur une ferme du réseau Paysans de Nature, le week-end a été l’occasion de partager un beau moment de convivialité au profit des chauves-souris.

Alerte : chauve-souris disparue ?

La Noctule commune est sur la liste rouge des mammifères continentaux des Pays de la Loire : vulnérable à l’échelle nationale, un PRA (plan régional d’actions) a été mis en place pour améliorer l’état des connaissances et la conservation des populations de Noctule commune.

Parmi les nombreuses menaces auxquelles la Noctule commune doit faire face, la destruction de ses gîtes en est une particulièrement importante. Il est donc urgent d’avancer vers une meilleure prise en compte de ses gîtes. On retrouve le plus souvent cette espèce dans les cavités présentes sur les arbres, à plusieurs mètres de hauteur, sur le tronc ou les branches épaisses. L’élagage ou l’abattage des arbres à cavités peut donc s’avérer problématique si la présence de chauves-souris n’a pas été prise en compte.

Quelques contacts de Noctules

Dès le vendredi après-midi, quelques premières équipes ont commencé les prospections dans le Choletais, en allant inspecter les cavités arboricoles de certains arbres propices à l’installation des Noctules communes : les vieux arbres secs (comme les platanes, par exemple) présentant des cavités (loges de pics, trous dans l’écorce…) sont particulièrement favorables à la présence de cette espèce.

Le soir, aux alentours de 22h, les équipes se placent avec des détecteurs d’ultra-sons autour de secteurs considérés comme favorables et comptent les Noctules repérées en sortie de gîtes, le but étant de cibler l’arbre-gîte pour le conserver par la suite. À la fin du week-end, c’est une trentaine de Noctules communes qui avaient été contactées, et un arbre-gîte qui a été trouvé. On vous laisse découvrir le ballet auquel une de nos équipes a eu droit :

Noctules communes en chasse © Benoît Marchadour

Une belle surprise a également régalé une équipe de bénévoles : un gîte a pu être compté lors du week-end, et a donné de très bons résultats : 1230 Murins à oreilles échancrées409 Grands rhinolophes et 94 Pipistrelles communes (et en prime quelques noctules en sortie de gîte) !

Merci à tous nos bénévoles pour leur présence et leur investissement ! Un grand merci aussi à Laurent et Dolores de nous avoir chaleureusement accueilli dans leur superbe ferme, et pour leur aide précieuse lors des prospections du samedi.

La LPO Anjou recrute un chercheur postdoctoral sur le Râle des genêts

Contexte et objectifs

Les Basses Vallées Angevines (BVA) constituent un réservoir de biodiversité pour la faune et la flore des milieux prairiaux. Leur caractère exceptionnel est souligné par la présence de Râle des genêts dont il est le dernier bastion de reproduction en France. Malgré des actions menées depuis de nombreuses années visant à la préservation de ce site et de sa biodiversité, le déclin du Râle des genêts n’a pas été endigué. À l’aide d’une modélisation intégrée du socio-écosystème, incluant l’ensemble des processus écologiques et socio-économiques pertinents, le projet RALEGENETS financé par la FRB vise à révéler les scénarios souhaitables qui mettront en lumière les actions à mener prioritairement, et ceux non souhaitées dans lesquels les décisions de gestion aboutissent à une détérioration du système. Ces scénarios seront ensuite dessinés pour être communiqués aux acteurs locaux.

Méthodologie

Le cœur de ce projet s’appuie sur un cadre de modélisation possibiliste (nommé EDEN) issu de l’informatique théorique. Ce modèle s’appuie sur des variables descriptives du système, manipulées de façon qualitative et discrète à l’aide de règles formelles, et calcule de façon exhaustive toutes les trajectoires possibles découlant de ces règles. Il devra a priori inclure tous les processus bio-écologiques (réseaux trophiques et non-trophiques), physicochimiques (climat, pollutions), socio-économiques (agronomie, micro-économie, usages de loisir et tourisme) des BVA qui contribuent à répondre à la question posée. L’approche retenue consiste à co-construire le modèle avec les acteurs et usagers du site (pas de développement méthodologique, le modèle est déjà stabilisé). Le·la post doctorant·e aura pour tâche d’assembler la connaissance scientifique et experte du socio-écosystème des BVA et du Râle des genêts en particulier, avec l’aide des partenaires du projet, en un ensemble de composantes et processus, ensuite transformées en variables et de règles formelles. Il·elle contribuera à la conception du modèle, à sa validation à l’aide de trajectoires déjà observées sur le site, et à l’interprétation des scénarios modélisés. Les animateurs du site feront ultérieurement le suivi de la mise en pratique et de l’efficacité des actions révélées par le modèle.

Compétences souhaitées

  • Doctorat dans les domaines des sciences écologiques et/ou de la conservation, ou de la théorie et modélisation en sciences de l’environnement (au sens large) ;
  • Connaissance ou expérience en ornithologie pas indispensable mais appréciée ;
  • Expérience et appétence pour la modélisation et la logique ;
  • Capacité à réaliser des entretiens et à animer des groupes de travail, ainsi qu’à interagir avec des non-spécialistes (ex : dessinatrice) ;
  • Dynamisme, créativité et autonomie.

Lieu et durée du contrat

Le·la post doctorant·e sera basé·e à Créteil (UMR iEES, Université Paris-Est Créteil). Le travail suppose toutefois des déplacements sur les terrains d’étude (région d’Angers) pour animer des entretiens et des ateliers de co-construction du modèle avec les acteurs locaux, ainsi qu’au sein de l’UMR AMAP (Montpellier, C. Gaucherel est co-porteur de ce projet RALEGENETS). Le post-doc sera d’une durée de 18 mois, entre septembre 2024 et février 2025.

Rémunération

Gratification en fonction des grilles salariales de l’INRAE en vigueur.

Candidatures

Les candidatures se font jusqu’au 30 juin 2024, par envoi d’un CV et d’une lettre de motivation par e-mail à Tiphanie Hercé et Yoan Fourcade.

Donnez votre avis, sauvez les zones humides !

Le Gouvernement multiplie les mesures en faveur de la création de retenues de substitution destinées à l’irrigation, souvent au détriment de zones naturelles. La LPO dénonce une régression écologique irresponsable visant à maintenir sous perfusion un modèle agricole obsolète et délétère, et appelle les citoyens à se mobiliser.

Jusqu’au 19 juin 2024, le ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires soumet à la consultation publique obligatoire un projet de modification de l’arrêté du 9 juin 2021 encadrant l’aménagement et l’exploitation de plans d’eau au niveau national, conformément à la rubrique 3.2.3.0 de la nomenclature annexée à l’article R. 214-1 du code de l’environnement.

La LPO demande le retrait de ce projet d’arrêté et encourage les Français à s’y opposer lors de la consultation publique en donnant un avis défavorable avant le 19 juin.

La modification envisagée consiste à soustraire de l’application de l’article 4 dudit arrêté les zones humides dont la superficie est inférieure à 1 hectare, qui représentent environ la moitié de la surface nationale estimée à 3 millions d’hectares. Selon cet article 4, l’implantation d’un plan d’eau en zone humide ne peut intervenir que s’il participe à l’opération de restauration de cette dernière, ou s’il respecte une série de conditions strictes :

  • Existence d’un intérêt général majeur ;
  • Absence d’autre solution alternative ;
  • Efficacité des mesures de réduction et de compensation de l’impact écologique.

Si l’arrêté est adopté, les plans d’eau inférieurs à 1 hectare seront désormais exonérés de toutes ces conditions, avec comme conséquence l’implantation facilitée de bassins d’irrigation artificiels de taille moyenne (des « mini méga-bassines ») en lieu et place d’habitats naturels pour la biodiversité.

Cette mesure fait suite à l’adoption en première lecture par les députés le 26 mai dernier de la Loi d’orientation agricole qui, entre autres reculs environnementaux, limite les procédures de recours suspensif contre les méga-bassines afin de faciliter leur installation.

Il est estimé qu’environ la moitié des zones humides françaises ont disparu entre 1960 et 1990, victimes du remembrement agricole et de l’urbanisation, et que 41 % des milieux humides françaises ont continué de se dégrader entre 2010 et 2020 selon une étude des services de l’État.

Dans un contexte de réchauffement climatique et d’effondrement du vivant, il est irresponsable de faire disparaitre des écosystèmes qui sont essentiels pour préserver la biodiversité, réguler le cycle de l’eau et absorber du carbone. L’accaparement des ressources en eau au profit d’une poignée d’agroindustriels accentue en outre l’assèchement des bassins versants et les inégalités au sein du monde agricole.

Un chantier de jeunes sur la RNR du Pont-Barré

La LPO Anjou propose aux jeunes du département de profiter de quelques jours de leurs vacances estivales pour découvrir et préserver le patrimoine naturel et historique de la vallée du Layon.

Du lundi 8 au vendredi 12 juillet 2024, l’association propose 5 jours de chantier découverte à des jeunes de 11 à 17 ans. Épaulés par la gestionnaire de la Réserve, les participants auront pour mission d’entretenir la réserve, de réhabiliter un ruisseau ou encore d’ouvrir un sentier.

Pour changer du chantier, ils pourront, accompagnés d’un animateur nature, découvrir le patrimoine naturel et historique de l’Anjou en partant à la recherche du castor, en posant des pièges photos, etc.

Ce stage gratuit se déroule sur la réserve naturelle régionale des coteaux du Pont-Barré à Beaulieu-sur-Layon. Il s’adresse à des jeunes soucieux de l’environnement et qui ont envie de s’impliquer dans sa protection. Aucune compétence n’est requise, à part être toujours de bonne humeur et surtout aimer la vie en groupe !

Ce sera l’occasion pour les jeunes de se rencontrer autour d’une action concrète et de mettre en place des aménagements au profit de la faune sauvage. Les horaires sont adaptables en fonction des besoins du groupe. Pour chaque participant, il faudra prévoir le pique-nique pour le déjeuner et une tenue qui ne craint pas les travaux d’extérieurs. La LPO Anjou fournira tout le matériel de chantier, le goûter et l’eau.

Pour vous inscrire, merci de nous faire parvenir les deux documents ci-dessous remplis à valerie.chalumeau@lpo.fr.

L’accaparement des terres a aussi lieu près de chez nous…

Aujourd’hui, une grande partie des terres agricoles est cédée aux plus offrants. Le système français est de moins en moins apte à réguler l’accaparement des terres aux mains des plus gros acteurs, qui, entre montages financiers opaques, spéculation et engloutissement des petits agriculteurs, transforment le visage de notre agriculture. Entre 2010 et 2020, 80 000 emplois agricoles salariés ont disparu et la concentration des terres est un facteur déterminant de cette hémorragie.

Quatre jeunes agriculteurs bio luttent depuis trois semaines contre ce phénomène à côté de chez nous, à Denée. Ce sont, ici, 170 ha de terres agricoles entre Mantelon et la vallée du Louet, deux maisons d’habitation, des coteaux, des prairies inondables, des arbres et des haies qui peuvent être sauvés. Ces quatre jeunes agriculteurs, Maelys Dilé (animatrice à la CIAP 49), Clémence Mahieu (animatrice au CIVAM AD 49), Marius Chauvin (salarié en maraîchage) et Simon Coutand (animateur agri-biodiversité et « paysan de nature » à la LPO Anjou), ont un projet d’installation en élevage bovin, céréales et pain, maraîchage.

Les propriétaires actuels souhaitent s’arrêter avant la retraite et vendre rapidement. Mobilisons-nous pour préserver ce foncier agricole, sa biodiversité et aussi permettre l’installation de quatre familles ! Avec un délai très court pour réunir les fonds (avant le 13 juin), l’implication citoyenne dans l’achat de cette ferme est indispensable.

Alors si vous avez 1 000 €, ou plus, d’épargne, n’hésitez pas à participer à une de leurs réunions publiques pour en savoir plus :

  • le dimanche 9 juin à 17 h à la ferme de la Blairie, 4, chemin du plessis à Denée ;
  • le mercredi 12 juin à 20 h 30 à Mûrs-Érigné (lieu à confirmer).

Pour la génération qui vient, la vraie révolution est celle du partage. Celui d’une terre en commun. Et pour la  transition agro-écologique, il est indispensable que des paysans comme eux puissent s’installer pour développer des projets nourriciers ! Notre épargne peut participer à la concrétisation de beaux projets humains et environnementaux, plutôt que de soutenir des banques qui investissent encore aujourd’hui massivement dans les énergies fossiles.

Pour plus d’informations, vous pouvez les contacter par mail scidesjoncs@proton.me.

Et les grands gagnants de l’Écolo Big Day sont…

Le week-end des 18 et 19 mai dernier, 9 équipes, composées de 24 participants, se sont affrontées pour se disputer le trophée de l’Écolo Big Day 2024. Motivés comme jamais, nos participants sont partis à la recherche d’un maximum d’espèces d’oiseaux différentes en 24 heures top chrono !

Les 9 équipes se sont surpassées sur les jeux de mots cette année : nous avons eu droit à des noms d’équipe tous plus drôles les uns que les autres ! Les Caramels au bird salé, les Pouillots vélo, les Râles des gênants, les Rats passent partout… L’inventivité était au rendez-vous !

Le classement était serré au sommet, mais avec 0,75 point d’avance, ce sont les Caramels au Bird salé qui remportent la victoire (119 espèces contactées), suivis de près par les Faucons aimelesrillauds, qui se sont héroïquement illustrés par le nombre de kilomètres parcourus à vélo (175 !) et leur nombre d’espèces contactées (124, soit 5 de plus que nos grands gagnants).

Les yeux et oreilles aguerris de nos participants ont réussi à contacter un total de 147 espèces en 24 heures : certains ont été plus chanceux que d’autres en observant certaines espèces plus rares (Bécasseau maubèche, Chevalier aboyeur, Héron pourpré… n’ont été contactés qu’une seule fois pendant le week-end).

Entre coups durs, coups de mou, coups en traître et coups de cœur, on félicite tous nos participants pour leur dur labeur et on vous dit à l’année prochaine !

Retour en images

On compte les chauves-souris aux jumelles thermiques

Le mardi 28 mai, des membres de notre équipe Chiroptères se sont rendus sur plusieurs sites pour compter les chauves-souris présentes. Un comptage facilité par l’utilisation de jumelles thermiques !

Colonie de Grands Murins © Juliette Ragot.

Afin de suivre l’état des populations de Grands Murins, ainsi que leurs habitats, les chargés de mission Chiroptères de la LPO Anjou font des comptages annuels des colonies connues dans le département. Les effectifs de Grands Murins sont en augmentation dans la région, il est donc important de vérifier que leurs habitats restent intacts.

Le 28 mai, c’est dans le Saumurois et le Baugeois que les comptages se sont déroulés : en une journée, 119 Grands Murins ont été comptabilisés dans les combles d’églises et d’habitations privées. Grâce à un de nos bénévoles, on a aussi fait la belle découverte d’une nouvelle zone de regroupement de plusieurs espèces dans un même comble (Oreillard gris, Sérotine commune, pipistrelles, Grand Murin) ! Ce site fera également l’objet d’un comptage annuel à partir de l’an prochain.

Des Grands Murins en haut d’une poutre © Juliette Ragot.

Le soir même, au château du Plessis-Bourré, l’équipe Chiroptères a continué ses comptages en utilisant cette fois-ci des jumelles à vision thermique. Cet équipement fait actuellement l’objet d’un test afin de comparer ces jumelles à celles à vision nocturne.

109 individus de Grands Murins ont été comptabilisés, un record d’effectif sur le site depuis le début des comptages en 2010 ! Les jumelles thermiques offrent plus de précision et permettent de détecter plus efficacement les chauves-souris, surtout en l’absence de visibilité (au milieu de la nuit, par exemple). On vous laisse découvrir le résultat avec cette vidéo :

© Camille Gaudin.

La réserve du Pont-Barré inaugure sa nouvelle extension

La réserve naturelle régionale (RNR) des coteaux du Pont-Barré a inauguré ce vendredi 24 mai son extension. Sa superficie est passée de 8,52 ha à 27,40 ha. Pour l’occasion, des animations et démonstrations étaient organisées sur la réserve pour les élus, propriétaires et partenaires invités. Une cinquantaine de personnes ont pu profiter de ce cadre et célébrer la biodiversité.

Cheval de trait © Oks Amisse.

Dès 11 h 15, une présentation de débardage du bois par traction équine a ravi les participants : Fabrizio et son cheval de trait ont montré leur manière de travailler en harmonie, et lagilité du cheval a été saluée par tous.

Tout le monde sest ensuite dirigé vers la maison du chaufournier pour une dégustation de vins à laveugle animée par le musée de la Vigne et du Vin. Les participants ont profité dun vin rouge et dun vin blanc, guidés par Antoine dans leur dégustation. Par ailleurs, une présentation du domaine viticole Belargus nous a permis de retracer lhistoire du domaine, la création des vignes et les différents travaux mis en œuvre sur le site. Les invités ont ensuite apprécié un buffet, composé uniquement de produits locaux, financé par le conseil régional.

À 13 h, la compagnie Gaïa a lancé son spectacle culturel déambulatoire sur le thème de larbre. Une classe de CM de lécole Saint-Louis de Beaulieu-sur-Layon a rejoint les rangs des invités pour découvrir les arbres du site en compagnie dun acteur de la Cie Gaïa et de Francis Tuya, botaniste de la région.

Après la déambulation, les nouveaux panneaux dentrée de la réserve, actualisés par la Région des Pays de la Loire, ont été inaugurés. Ces nouveaux panneaux sinscrivent dans un remaniement complet de la signalétique présente sur la réserve : le règlement a été mis à jour, la charte graphique actualisée, le périmètre modifié…

Nouveaux panneaux d’entrée © Valérie Chalumeau

Les invités sont ensuite partis à la découverte du sentier sensoriel, tout en haut du vallon : entre des bouts de bois assemblés, on peut se promener pieds nus et sentir les différents matériaux issus de la réserve qui sont assemblés au sol (sable, bois, laine de mouton, etc.). Un vrai moyen de se reconnecter à la nature.

Ensuite, une démonstration de chiens de berger a été animée par Bérenger Arnould, suivie dune présentation de lAssociation des utilisateurs de chiens de troupeau (AUCT 49) par Odile Chancerelle et Mathieu Béliard. Il a été rappelé les consignes à respecter par les promeneurs vis à vis des chiens de troupeau.

La cérémonie a continué avec la présentation de la plaque commémorative 40 ans de la réserve naturelle volontaire du chanoine Corillion, avant de se terminer par un retour vers les voitures avec des explications sur la réserve et ses richesses.

La LPO Anjou remercie chaleureusement la Région des Pays de la Loire et les Réserves Naturelles de France, ainsi que le conseil départemental 49 et le fonds FEDER, sans qui l’extension de la réserve et son inauguration n’auraient pas eu lieu. Leur investissement et leur soutien financier sont un atout primordial pour la biodiversité et les actions que la LPO Anjou mène sur cette réserve naturelle.

4 consultations publiques contre la biodiversité

La direction départementale des Territoires (DDT) de Maine-et-Loire a ouvert la consultation au public pour 4 arrêtés préfectoraux qui nuisent à la préservation de la biodiversité. La LPO Anjou demande à tous ses adhérents, bénévoles et sympathisants de transmettre ses observations en opposition à ces arrêtés. Il est important de rappeler que les avis à transmettre en défaveur de ces arrêtés doivent être personnalisés et transmis avant le 4 juin pour être pris en compte par la DDT.

La FDGDON (Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles) demande une dérogation pour la destruction et la perturbation intentionnelle de 379 Choucas des tours dans 17 communes situées dans le nord-ouest du département (Bécon-les-Granits, Le Lion-d’Angers, Candé, Pouancé…).

L’article L.411-2 du code de l’Environnement prévoit que des dérogations à l’interdiction de détruire, d’altérer ou de dégrader certaines espèces animales et végétales peuvent être délivrées notamment pour des raisons impératives d’intérêt public majeur et « à condition qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle ».

Cependant, la LPO Anjou a réalisé en 2016 une étude ornithologique sur le Choucas de tours sur quelques communes de Maine-et-Loire : suite à cette étude, nous avons pu émettre des recommandations quant aux mesures de prévention à mettre en place (engrillagement des cheminées et mesures alternatives de protection des cultures).

Choucas des tours © Lilian Sineux.

Les méthodes alternatives sont encore peu utilisées et ne sont pas évaluées. La protection des cheminées ne fait que commencer, et ce dispositif ne peut pas encore avoir des effets sur les populations de Choucas. On commence également à utiliser d’autres méthodes de culture (surtout le semis plus profond, qui empêche les Choucas de prélever des graines).

Enfin, sur les 17 communes concernées, seules 12 communes ont connu une augmentation de la population de Choucas supérieure à 10 %. Le conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) a émis un avis négatif à cette demande de dérogation. La LPO Anjou demande donc à ce qu’un avis défavorable à cet arrêté soit envoyé.

Vous pouvez consulter les documents relatifs à la consultation ici, ainsi que les informations pour transmettre vos observations.

Cet arrêté a pour but de définir la période d’ouverture complémentaire de la vénerie sous terre du blaireau dans le département, conformément à l’article R.424-5 du code de l’Environnement.

Le code de l’Environnement, à l’article L.424-10, dit ceci : « Il est interdit de détruire, d’enlever, de vendre, d’acheter et de transporter les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée. » Or, c’est le cas du blaireau, qui a le statut de chassable : la naissance se fait fin février en Maine-et-Loire, et ce n’est que 5 mois plus tard (au mieux !) que les blaireautins cherchent leur nourriture de façon indépendante.

Blaireau européen © Louis-Marie Préau.

De plus, l’arrêté a été annulé en juillet 2023 par le tribunal administratif de Nantes. Des études basées sur des protocoles fiables seraient nécessaires pour affiner la connaissance des effectifs. Il existe également des méthodes alternatives qui permettent de repousser les blaireaux (il est possible d’installer tout autour de la parcelle, une cordelette placée à 15 cm du sol et imbibée d’un répulsif).

Aussi, la chasse du blaireau n’est pas indispensable : le suivi de l’espèce mis en place depuis plus de 20 ans par la LPO Alsace et le Groupe d’étude et de protection des mammifères d’Alsace a permis d’acquérir des connaissances sur les populations et le comportement du blaireau. Sur la base de ces éléments, protecteurs de la nature et chasseurs se sont entendus pour retirer le blaireau de la liste des espèces chassables. Le Bas-Rhin est le seul département où le blaireau n’est pas chassé.

Vous pouvez consulter les documents relatifs à la consultation ici, ainsi que les informations pour transmettre vos observations.

Cet arrêté a pour but de définir les périodes de chasse à tir dans le département, pour la campagne 2024-2025, conformément aux articles R.424-1 à R.424-9 du code de l’Environnement.

L’arrêté propose l’ouverture générale de la chasse à tir dans le département de Maine-et-Loire sur une période allant du dimanche 15 septembre 2024 au vendredi 28 février 2025 au soir.

La LPO Anjou s’oppose à cet arrêté pour plusieurs raisons : il n’est pas prévu dans cet arrêté une interdiction de chasser au moins 2 jours par semaine. De plus, la période de chasse du sanglier est trop longue, surtout au printemps, qui est une période sujette aux dérangements pour la reproduction de la faune. Il manque aussi des mesures pour reconstituer la population de la Perdrix grise, qui est en fort déclin. Ensuite, la chasse du lièvre, prévue à partir d’octobre, coïncide avec la fin de la période de reproduction de l’espèce, il faudrait n’ouvrir la chasse qu’à partir de novembre.

Lièvre d’Europe © Olivier Vimont.

Le prélèvement autorisé pour la Bécasse des bois en Maine-et-Loire est aussi trop important au vu des effectifs de l’espèce en Maine-et-Loire. Similairement, le prélèvement de canards et oies autorisé (10 oiseaux par chasseur par jour) est trop important.

Vous pouvez consulter les documents relatifs à la consultation ici, ainsi que les informations pour transmettre vos observations.

Le Pigeon ramier et le Sanglier sont deux espèces appartenant au groupe 3 des ESOD (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts), un groupe qui fait l’objet d’un examen annuel en commission de la CDCFS puis d’un arrêté préfectoral.

L’arrêté préfectoral propose de reconnaître les deux espèces comme susceptibles d’occasionner des dégâts pour la période du 1er juillet 2024 au 30 juin 2025. La LPO Anjou est défavorable à cet arrêté.

Sanglier © Dany Kroon.

La destruction du Sanglier au printemps dérange la faune en période de reproduction. De plus, le temps de chasse (de septembre à février) est bien assez long pour chasser les sangliers. De plus, il existe des solutions alternatives qui ne sont pas étudiées pour réduire les populations de sangliers, comme les méthodes orales de contraception (on a réussi à éliminer la rage chez le Renard par des méthodes d’ingestion orale des populations sauvages).

Pigeon ramier © Ace Gamer.

Tout comme pour le Sanglier, la période de destruction en juillet 2024 et au printemps 2025 est une cause de dérangement pour la faune en reproduction. En mars 2025, la destruction du Pigeon ramier est une cause de dérangements importants en période de migration pour les populations transpyrénéennes migrant vers la Scandinavie. Cette population migratrice, dont les effectifs périclitent, doit être protégée coûte que coûte : or, un chasseur ne fait pas la distinction en mars lorsqu’ils passent au-dessus du département.

Vous pouvez consulter les documents relatifs à la consultation ici, ainsi que les informations pour transmettre vos observations.

Tout savoir sur les Européennes avec le groupe Jeunes de la LPO Anjou

Dans un contexte politique clivant, où l’Union européenne subit une incompréhension de son fonctionnement par les citoyens français, la LPO se mobilise afin d’encourager tout le monde à aller voter en faveur de la nature. Le 22 mai prochain, le groupe Jeunes de la LPO Anjou organise une soirée pour discuter des élections européennes à venir (9 juin). De 18 h 30 à 20 h, on vous donne rendez-vous au CEFRAS (35, rue de la barre, Angers) pour mettre en lumière les enjeux de ces prochaines élections.

Au cours de cette soirée d’échanges, le but est de rappeler à tous l’impact de l’Union européenne sur la législation française concernant les questions environnementales : l’environnement et le changement climatique étant au cœur des préoccupations pour les prochaines élections, il est crucial de remarquer les efforts faits par l’Union européenne en ce sens. Les députés français élus aux élections européennes représentant 10 % du parlement européen, c’est l’occasion pour tous de faire entendre son engagement pour la nature.

De plus, les projections des votes ont mis en lumière un constat frappant : la jeunesse française (18-24 ans) est particulièrement absente (près d’un quart des 18-24 ans se disent prêts à ne pas aller voter aux prochaines élections), et il est crucial qu’ils aillent voter aux prochaines élections s’ils veulent assurer la continuité des mesures environnementales déjà en place (pacte vert européen, directive cadre sur l’eau…).

Cette soirée avec le groupe Jeunes est l’occasion pour tous de venir comprendre les enjeux des prochaines élections pour la nature, et de montrer son engagement pour l’environnement, tout en profitant d’un apéritif convivial offert. Tout le monde est le bienvenu, on vous attend nombreux !